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Argentine - Salta et ses environs


de Cédric, 17-07-2006

Spéciale rallye dans la vallée Calchaquies et la Quebrada de Humahuaca...


Voiture en main, nous partons trois jours à la découverte de la vallée Calchaquies.

Notre premier jour s'effectue entre Salta et Cachi. La route est une splendeur. Au fur et à mesure que nous grimpons en altitude, nous passons de paysages rocailleux rouges ponctués de cactus à de grandes pentes verdoyantes avec des points de vues majestueux.
Après le col, la route poussiérieuse descend à travers le parc national Los Cardones, une grande plaine recouverte de cactus candélabres, dont les anciens se servaient comme bois pour construire portes, fenêtres, etc... Quelques photos d'imbéciles plus tard, nous découvrons les premières maisons en pisé en arrivant sur Cachi.

Après notre traditionnel sandwich pain-thon-tomate + une pomme (faut surveiller la ligne !!) sur la place centrale du village, nous découvrons son église blanchie à la chaux, ses ruelles pavées, et ses petits chats bien sûr !! Nous terminons la journée sur la piste qui mène aux ruines de Las Pailas, qu'on n'a pas vu d'ailleurs. Encore des cactus, toujours des cactus, des allées de cactus !! Mais qu'est ce que c'est beau...

Le lendemain, c'est parti pour le rallye tout terrain sur les pistes jusqu'à Cafayate, oouuuhhhh !!! Enfin, pas pour longtemps : pneu crevé au bout de 7-8 kms... Pas grave, quand vous avez conduit auparavant une Fiat Uno et une Hyundai Pony, vous vous y connaissez en mécanique... Je change donc la roue en 3 minutes 56 secondes, record battu.
Mais v'la ti pas qu'à la vue de l'entaille dans le pneu (2 cm) et son emplacement (sur le côté), on se rend compte qu'une pierre ne peut pas avoir fait cela, mais plutôt la lame d'un couteau !! Une seule expression te vient à ce moment là : " l'enfoiré !! ". Un rigolo a dû nous crever un pneu cette nuit, et nous, on est parti comme des fleurs ce matin sans le remarquer. Deux bons charlots !! Enfin, encore heureux qu'il ne nous en ait pas fait un deuxième, sinon on aurait fini la vallée à pied !!

Bref, pneu neuf, on repart dans notre spéciale rallye. Le long du Rio Calchaquíes, nous traversons une région vraiment reculée ; quelques maisons rouges en adobe apparaissent de temps à autre le long de la piste, formant parfois un semblant de village. Même de modestes maisons comportent parfois des colonnes ou des arches faisant penser à un style architectural d'un autre temps.
Encaissés dans cette vallée, les paysages magnifiques et variés sont parfois ponctués de petits villages, dont l'élément le plus imposant reste toujours l'église, géréralement blanchie à la chaux avec des clochers jumeaux. Après notre déjeuner au bord du rio (vous connaissez déjà le menu...), nous traversons un canyon d'une beauté extraordinaire non recensé dans les guides : "la Quebrada de Las Flechas". De grandes stries rocheuses rouges pareilles à des flèches se dressent devant notre Gol rouge, semblant zébrer l'horizon. Ce ne sont que quelques kilomètres, mais c'est inoubliable.

Avant de sortir de la vallée, il aurait été inexcusable de ne pas avoir vu de condors. Et bien, c'est chose faite : au détour d'un virage, une quinzaine de carcasses de vaches jonchent le sol, et dans les airs, un tourbillon de rapaces tournoient. Le condor est facile à reconnaître : c'est celui qui a les ailes deux fois plus grandes que les autres rapaces !! Au détour de San Carlos, nous sommes à deux doigts de figurer dans un film uruguayen alors en tournage dans la région. Nous arrivons en fin de journée à Cafayate. Notre "milanesa" enfilée (sorte de viande très fine panée), c'est le repos mérité.

Le dernier jour, nous remontons de Cafayate vers Salta. Au passage, nous visitons une bodega, histoire de déguster quelques vins (enfin, en France, on appellerait cela de la piquette...). Après les vignes, nous découvrons la quebrada de Cafayate. Là encore, les eaux qui ruissellent des Andes ont creusé de nombreux canyons, mettant à nu les strates sédimentaires aux multiples couleurs. En clair, c'est encore de la bombe !! La route serpente le long du rio Las Conchas ; on s'arrête souvent pour apprécier le paysage ou rendre visite aux artisans qui se sont placés le long de la route. Certains possèdent des lamas. Angélique, grâce à sa connaissance des chats, finit par les amadouer et caresser leur pelage de laine. Nous assistons même à un "Ave Maria" a capella au détour d'une formation rocheuse acoustiquement exceptionnelle appelée l'amphithéâtre. L'arrivée sur Salta est musclée, avec les rues étroites et engorgées. Apres l'épisode du pneu, ça me ferait bien chier qu'on me fasse une aile !! Finalement, on rend la voiture simplement avec un pneu en moins, et ça suffit bien...

Malgré l'épisode du pneu, on est conscient de l'utilité de visiter en voiture plutôt qu'en bus local. Donc, nous relouons la même voiture pour les deux jours suivants.

Vroum, vroum, voici le retour de la petite Gol dans une spéciale rallye dans le Nord de Salta. Après quelques heures de route, nous arrivons à Pumamarca. C'est un mignon petit village, où se déroule tous les jours un marché coloré sur la place centrale du village. A la vue des articles proposés sur les étales, on sent qu'on est pas très loin de la Bolivie. Les faciès sont d'ailleurs plus marqués (et les sourires moins présents également...). Autour de la place, les rues pavées sont encore et toujours bordées de maisons en adobe. Derrière le village se dresse le "Cerro de los Siete Colores", une magnifique montagne aux multiples couleurs.

Ensuite, on prend la direction du désert de sel de Salinas Grandes. La route serpente dans un splendide canyon jusqu'à 4300 mètres d'altitude, avant de resdescendre sur notre étendue de sel. Angélique est toute émotionnée : c'est la première fois qu'elle va voir un salar, la bichette !! Et elle est pas déçue du voyage : tas de sel, hotel de sel, tables de sel, sculptures de sel,... meme notre sandwich au thon semble avoir un gout de sel !! L'émerveillement est total. Je ne me souvenais pas que c'était aussi beau un salar. Au loin, le blanc semble se perdre à l'horizon. Sur le sol, la nature semble avoir dessiné des hexagones de sel. Des piscinettes rectangulaires creusées par l'homme jalonnent le désert, créant le reflet de nos visages ébahis.
Déboussolés, nous passons l'après midi entière à errer dans ce lieu de nulle-part, à faire des photos plus idiotes les unes que les autres, mais toutes tellement belles dans ce paysage irréel. Attendant le coucher de soleil, nous sommes les derniers à partir, après même les sculpteurs de sel qui présentent leur travail sur des étals de sel de fortune...

Après une nuit à Pumamarca, nous partons plus au nord pour Tilcara. En chemin, nous nous arrêtons à Maimara pour son étonnant cimetière à flanc de colline et la vue sur "La Paleta Del Pintor", une somptueuse colline multicolore.
Arrivés à Tilcara, nous nous dirigons vers les ruines préhispaniques de "El Pucara" qui surplombent le village. Magnifiquement restaurées, nous nous baladons dans cette ancienne cité fortifiée, au milieu de maisons indigènes de plus d'un millénaire, entièrement construites en pierre et en cactus. Le site domine les vallées colorées en amont et en aval, ce qui explique sa position stratégique d'autrefois. Quelques délicieux "empanadas de carne" pour le déjeuner, et nous voici en train de visiter le musée archéologique de la ville. Nous sommes surpris d'y découvrir des momies extrêmement bien conservées, des cranes déformés comme il était coutume de le faire autrefois pour l'appartenance ethnique, des masques cérémoniels, des tongs en peau de vache (ou de bouc...), et autres instruments capables de faire halluciner deux pauvres européens sortis tout droit de leur campagne !!

Quelques ossements plus tard, en retard dans notre spéciale rallye, on accélère jusqu'à Humahuaca. Le village est beaucoup plus touristique que ses prédécesseurs, et par conséquent, nous plaît un peu moins. Dans un magasin de souvenirs, nous rencontrons un drôle de français, mi-argentin mi-indien par ses parents, qui après avoir fait des études de commerce international à Paris, est venu s'installer dans la province de Salta pour dispenser des soins psychologiques. J'explique : convaincu d'avoir un don et d'être "un indigo" (bien évidemment...), il peut voir et comprendre ce qui ne va pas chez les gens et le résoudre. Et c'est très sérieusement que nous l'avons cru... Pour plus de renseignements, il existe une grande source de conneries : internet...On a été voir, et il s'est bien dispensé de nous dire qu'il était né sur Jupiter et qu'il ne s'habillait pas en bleu parce que ça saturait son aura, déjà toute bleue...mais bien sûr !

Bref, de retour sur Terre, nous prenons deux sympathiques argentins en stop pour faire la route en sens inverse. Le gars, musicien, nous fait cadeau en retour de son dernier album. C'est du rock argentin avec de la guitare électrique sur sa voix de castra !! Non, je rigole, c'est sympa à écouter.
Après avoir écouté le CD en boucle pendant 3 heures (merci mes tympans...), nous sommes de retour dans le bureau de notre ténébreux Jean-Claude à Salta. Et là, pendant qu'on magouille 2-3 papiers pour arriver à se faire rembourser le pneu crevé par Visa, vous ne devinerez pas sur qui on tombe ?? Nos amis allemands Tobi et Susanna !! (Bon, pour ceux qui ne suivent pas : cf carnet de voyage 32, paragraphe 12, ligne 16... débrouillez vous!!) Quel plaisir de les revoir !!
Le soir, après avoir raté notre bus pour Cordoba, nous revenons dans le centre de Salta et les retrouvons par miracle (grâce à l'oeil de lynx d'Angélique...) dans un restaurant. La suite, c'est blablabla jusqu'à point d'heure.

Le lendemain, c'est journée off sur Salta : pas de stress matinal, internet, empanadas pour déjeuner (toujours un régal), déclaration à la police pour notre pneu, jus de pamplemousse et tarte aux pommes avec Tobi, Susanna, Karsten et Julianna en fin d'après-midi. On se raconte des histoires de voyageurs à n'en plus finir. Celle du "man with two legs" est la plus drôle, on vous la racontera à notre retour... Mais c'est déjà l'heure d'aller prendre le bus pour Cordoba. Après moultes embrassades, on promet de se retrouver plus tard au Pérou ou en Equateur. Juste le temps de passer en coup de vent à l'hôtel, d'oublier sur l'étendage mes 6 paires de chaussettes qui puent comme un camembert oublié 15 jours sur un frigo, et nous voilà enfin dans le bus pour Cordoba.

Fini les grands espaces désertiques merveilleux du Nord Ouest Argentin. Place à la grande ville et à ses monuments...

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